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Santé / Médecine / Paramédical

Cancer : malchance ou mode de vie ?

Depuis quelque temps on entend une curieuse nouvelle sur les médias, une nouvelle faisant part de la dernière trouvaille de scientifiques : le cancer serait (presque) exclusivement une affaire de « chance »… enfin plutôt de « malchance ».  Ça alors, c’est une révolution et on se demande bien pourquoi faire tant d’efforts afin de vivre plus sain  !
Mais n’y aurait-il pas quelques influences derrière tout ça ? des influences qui ne disent pas leur nom évidemment.

Ceci dit, peut-on assimiler la « malchance » au « destin » ? A chacun selon ses croyances dans ce domaine.
Mais qu’en est-il de toutes les guérisons remarquables obtenues après un changement de mode de vie (pas seulement alimentaire d’ailleurs) ? Se seraient-elles produites tout pareil si rien n’avait été fait ? Personnellement, j’en doute… après avoir lu et entendu tellement de témoignages (Vous en trouverez des quantités sur le présent site et sur notre ancien blog).

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Ce sujet ayant été abordé par un site américain consacré au cancer, je vous traduis ci-dessous l’article qu’il a publié :

Une étude dit que vous ne pouvez pas vous protéger du cancer, c’est juste une malchance aléatoire

Les pessimistes sont en train de relayer une stupéfiante nouvelle publiée dans « Science » le mois dernier. Elle assure que les deux tiers des cas de cancer sont dus à la malchance. Les infortunées victimes n’auraient pas pu éviter le problème en faisant des choses différentes.

L’étude a eu une belle résonance dans les médias. J’étais à Londres quand l’histoire a surgi, et ces mêmes gens en parlaient. Je fus intrigué et souhaitais en savoir plus. Mais quand j’ai appris les détails de la recherche, j’ai découvert que c’était tout simplement la « théorie » la plus idiote sur le cancer ayant surgi dans les médias en 30 ans.

Aujourd’hui je veux faire la lumière sur le pourquoi de cette nouvelle étude sans fondements, pourquoi vous devriez ignorer la plupart de ses annonces – et la minuscule voie qui pourrait avoir quelque validité.

L’étude à laquelle je me réfère prétend que le taux auquel les cellules-souches se divisent, est la racine de tous les cancers inexplicables.

Alors parlons des cellules-souches. Le travail des cellules-souches est de faire plus de cellules. Les cellules-souches ont été considérées comme des usines parce que leur mission est de rafraîchir nos cellules en créant de nouveaux lots de ces mêmes cellules.

Sans cellules-souches il n’y aurait aucune façon pour nos tissus de se régénérer, aucune façon de remplacer les cellules qui meurent. Nous disparaitrions à un jeune âge sans ce pouvoir réplicatif des cellules-souches. Les cellules-souches sont l’outil dont dispose le corps pour se renouveler lui-même.

Malheureusement, les cellules cancéreuses capitalisent sur ce processus réplicatif. Selon la théorie standard (qui est elle-même imparfaite, voir les n° 415 et 416), le cancer démarre quand les cellules entreprennent des mutations de l’ ADN en se divisant. L’étude la plus avancée m’a convaincu que c’est un dommage des mitochondries qui cause le cancer, non pas le dommage de l’ADN.  Mais peu importe où le dommage s’installe, ces mutations « causes de cancer » sont plutôt inoffensives quand elles affectent des cellules normales.

C’est quand des cellules-souches deviennent cancéreuses que le cancer s’étend et devient mortel. C’est ce qui provoque plus de cellules cancéreuses et leur donne la possibilité de survivre à la chimio et de s’étendre du point de départ vers l’ensemble du corps.

Christian Tomasetti et Bert Vogelstein, les chercheurs à l’origine de l’article de Science, venus de la Johns Hopkins University, ont découvert que le nombre de cellules-souches dans un tissu spécifique peut dramatiquement affecter la probabilité de développer le cancer dans ce même tissu. Donc, dans les tissus ayant une haute concentration de cellules-souches, il est plus probable que ces divisions cellulaires muteront accidentellement et conduiront au cancer.

Les chercheurs ont essentiellement découvert une corrélation mathématique entre le taux de division de cellules-souches dans un tissu et le taux de cancer dans ce tissu-là. Mais ils ont poursuivi en disant que leurs calculs pourrait expliquer les deux tiers des cas de cancer. Et c’est là qu’ils ont tort.

Voici où la force des médias a un effet terrible

Le positif est que cette recherche pourrait aider à expliquer quelques-uns des cancers qui n’ont pas de sens – comme le cancer des poumons chez ceux qui n’ont jamais fumé.

Le négatif est que l’étude de ces auteurs ne considère pas la question évidente : Pourquoi les cellules-souches mutent-elles et deviennent cancéreuses ? L’étude démontre simplement que plus de cellules-souches sont présentes, plus il est probable que quelques-unes deviennent cancéreuses. L’étude avance que les dommages sur les cellules-souches sont naturels et purement aléatoires. Les mutations sont causées par, disons, « rien ».

Si vous acceptez que le cancer dans les cellules-souches est le type de cancer le plus dangereux, il n’est pas surprenant d’apprendre que les cancers les plus dangereux naissent dans le tissu contenant le nombre le plus élevé de cellules-souches saines.

Mais cela ne veut pas dire que les mutations n’ont pas de cause. Si vous tirez un coup de feu dans une foule, vous avez plus de chance de tuer quelqu’un que si vous faites feu dans un champ vide. Les morts –dans notre cas, les mutations cellulaires– vont naturellement surgir dans des tissus où il y a beaucoup de cellules-souches (j’ai envie de dire « évidemment ! »). Mais cela ne signifie pas que personne n’a tiré le coup de feu.

En fait, il me semble que ces deux scientifiques ont mal interprété leurs propres données. Leur étude explique pourquoi un organe avec une très haute proportion de cellules-souches est plus explosé au cancer qu’un organe avec un pourcentage bas de cellules-souches. Ils n’identifient pas du tout les causes du cancer, ils identifient les raisons pour lesquelles quelques organes –ceux qui ont le plus de cellulessouches– sont plus susceptibles d’avoir le cancer que les autres.

Il y a pire…

Il y a d’autres erreurs dans la recherche. Tomasetti et Vogelstein ont seulement examiné des types de cancer ayant de précédentes données sur les taux de division des cellules-souches. Et ils n’ont pas analysé les cancers du sein et de la prostate, deux des cancers les plus communs. Ceci nous apprend que leurs résultats ne s’appliquent pas nécessairement à tous les cancers.

Ceci signifie aussi qu’en aucun cas cette étude ne devrait être interprétée pour expliquer les deux tiers des risques de cancer. Pourtant c’est exactement ce que des douzaines de médias ont rapporté.

En ignorant les causes possibles (en vérité, probables) du dommage des cellules-souches, les auteurs ignorent les autres voies par lesquelles les patients cancéreux peuvent être devenus vulnérables au cancer (comme, disons, les milliers d’éléments toxiques que nous respirons chaque jour grâce à notre monde moderne pollué).

Au lieu de cela, les auteurs ont choisi le postulat selon lequel celui qui a un cancer inexplicable est simplement malchanceux. Leur point de vue est que tout cela n’est qu’une histoire de chance. Ils repoussent le concept des différences de risques entre différents individus et disent que le taux de division des cellules-souches peut expliquer deux tiers des cas.

Pire, l’étude de ces auteurs va jusqu’à dire que changer votre mode de vie ou essayer d’autres changements pour empêcher la venue d’un cancer n’aidera pas. Ils disent que nous ne pouvons probablement pas empêcher la formation de tumeurs, mais au moins y a-t-il la chimiothérapie et l’irradiation pour les contrôler. Naturellement, il y a des fans de la radiographie comme cela vous pouvez observer le premier signe de trouble. Mais des stratégies de prévention ? Sans intérêt, puisqu’il s’agit de malchance.

Nous pourrions juste passer outre cette nouvelle, mais ce genre d’affirmation provoque un effet domino. Pour les nouveaux-venus : juste après la publication de l’étude par Science, les médias ont répandu, loin et largement, le message de « malchance ».

Ce message contredit directement ce que l’évidence prouve avec certitude, qui est que vous pouvez changer vos chances, en ce qui concerne le cancer, si vous adoptez un mode de vie sain. L’obésité, le manque d’exercice, et la cigarette sont peut-être les exemples les plus évidents. Tous les trois sont connus pour augmenter largement le risque de cancer.

C’est une simple pièce d’un énorme puzzle. Rien de plus.

La vérité dans ce domaine est celle-ci : Non, nous ne pouvons pas expliquer ce qui cause chaque cas de cancer.

Mais nous savons ce qui conduit vers lui. Nous avons une quantité de pièces de ce puzzle. Savoir que le taux de division des cellules-souches est une part du puzzle va seulement aider. Mais PAS si vous ramenez tout à la malchance.

Ce que nous savons avec certitude c’est qu’un ensemble de décisions concernant le mode de vie affecte vos chances de dommage cellulaire –soit sur les mitochondries, soit sur l’ADN– qui conduit au cancer. Les chimiques des toxines de l’environnement ou même la fumée du tabac peut modifier ces structures cellulaires. Et donc faire fluctuer les niveaux hormonaux et l’inflammation chronique. Mais l’histoire ne se termine pas là. Un tas d’autres facteurs interviennent dans le non-développement du cancer, tels que : un système immunitaire bien entretenu, un calme émotionnel, et l’habitude d’exercices basiques.

Vous êtes encore dans le siège du conducteur

Comprenez-moi bien. La découverte que le nombre des cellules-souches dans une cellule particulière affecte le développement du cancer est importante. Par exemple, cela aide à expliquer pourquoi le cancer survient plus souvent dans un endroit comme les intestins plutôt que dans le cerveau (parce qu’il y a beaucoup plus de cellules-souches dans les intestins).

Mais ne commencez pas à penser que la composition de cellules-souches de vos tissus vous a expulsé de votre siège de conducteur. Dire aux gens qu’ils n’ont pas à être responsables de leur santé c’est comme leur dire de ne pas s’inquiéter de mettre une ceinture de sécurité. C’est comme dire quand vous avez un accident que c’est juste de la malchance.

Oui, bon, l’accident peut avoir été de la malchance, mais porter la ceinture de sécurité est un choix.

Le réel danger avec cette sorte de « recherche » c’est que beaucoup de gens vont la saisir pour en faire un laissez-passer de liberté pour leur santé. « C’est hors de mon contrôle » diront-ils. « Alors, pourquoi ne pas fumer ? pourquoi ne pas trop boire ? pourquoi ne pas me bourrer de desserts et de sodas ? Cela ne changera pas mes chances. »

Les chercheurs auraient dû centrer leur message sur le fait que la composition en cellules-souches peut augmenter votre risque. Et cela permet le plus important, qui est que vous faites votre part en augmentant votre implication à rester sain. Le cancer est causé par une myriade de facteurs, nous pouvons en contrôler certains, pas d’autres. Mais pour autant que je suis concerné, je veux faire pencher la balance en ma faveur en faisant tout ce que je peux sur les facteurs que je suis capable de contrôler.

Et, si vous avez déjà le cancer, et bien il y a définitivement quelque chose que vous pouvez faire. Pour trouver une idée, parmi les meilleures, voir l’article de notre dernier numéro. (ou consulter les liens en haut de cet d’article vers les témoignages de guérison)

Références
“Backlash greets ‘bad luck’ cancer study and coverage.” By Jennifer Couzin-Frankel. Science 16 January 2015:Vol. 347 no. 6219 p. 224.
http://www.sciencemag.org/content/347/6219/224.summary
“Cancer ‘mainly bad luck’? An unfortunate and distracting headline.” By Henry Scowcroft for Cancer Research UK, 5 January 2015.
http://scienceblog.cancerresearchuk.org/2015/01/05/cancer-mainly-bad-luck-an-unfortunate-and-distracting-headline/
“Most Cancer Is Beyond Your Control, Breakthrough Study Finds.” By Alice Park for TIME.com, 2 January 2015.
http://time.com/3650194/most-cancer-is-beyond-your-control-breakthrough-study-finds/
“The bad luck of cancer.” By Jennifer Couzin-Frankel, Science 2 January 2015: Vol. 347 no. 6217 p. 12.
http://www.sciencemag.org/content/347/6217/12.summary
“Variation in cancer risk among tissues can be explained by the number of stem cell divisions.” By Cristian Tomasetti and Bert Vogelstein. Science 2 January 2015: Vol. 347 no. 6217 pp. 78-81.
http://www.sciencemag.org/content/347/6217/78

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