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Santé / Médecine / Paramédical

Pourquoi le pain est-il tellement addictif et que vous ne pouvez pas vous en passer ? (1ère partie)

Imaginez ceci : de vastes champs de céréales dorées, ondulant dans le vent, sous un magnifique ciel bleu … L’image par excellence du cœur de l’Amérique. Le blé a été une source de nutrition intégrale pendant des centaines d’années. Il nous a aidé à survivre à la famine et a contribué au développement de beaucoup de civilisations. Toutefois, il faut bien être conscient que la version actuelle du blé n’est plus celle d’autrefois, et que le blé aujourd’hui, ainsi que les autres céréales, contribue à une épidémie croissante d’obésité.

Comme l’a partagé avec nous le Dr Williams Davis (Pourquoi le blé nuit à votre santé) lors d’une conférence Longevity Now, le blé de nos ancêtres est incomparable à celui qui est communément consommé aujourd’hui. Atteignant 45 cm de haut, le blé moderne est une version naine du blé du passé, qui atteignait la hauteur d’une épaule et était dense en nutrition. De plus, la plupart des produits à base de blé aujourd’hui sont hautement raffinés et potentiellement rances.

Alors pourquoi ne pouvons-nous pas arrêter de manger des céréales et des glucides ? Il y a de nombreux problèmes associés à la consommation de ces produits d’un point de vue de la santé, l’un étant leur pouvoir hautement addictif. On estime que jusqu’à trois quarts des personnes ayant un problème de surpoids ont une dépendance au pain et autres glucides.

Êtes-vous accro au pain ?

Voici quelques signes qui montrent que vous avez un problème avec les glucides :

  • de fortes envies de produits comme le pain, les biscuits, les pâtisseries, les cakes, les pâtes …
  • une sensation de calme et de réconfort après avoir mangé ces produits
  • une très forte envie de manger du pain ou des produits à base de farine plutôt que d’autres aliments
  • une irrépressible envie de manger plus d’aliments riches en glucides juste après le repas.

La nature addictive du pain et de ses produits dérivés se manifestent, par exemple, lorsque nous décidons d’éviter le pain pendant un repas et que nous finissons par craquer alors que la corbeille de pain est devant nous. Certaines personnes vont se satisfaire aisément avec juste un morceau alors que d’autres seront incapables de résister et consommerons de plus en plus de pain à chaque repas et voudront même des encas sucrés entre les repas. Pourquoi certaines personnes ont-elles tellement de difficultés avec le pain et les hydrates de carbone ?

Voilà ce qui arrive d’un point de vue physique

Le pain et de nombreux aliments transformés sont des hydrates de carbone raffinés qui ont été dépouillés de tous leurs nutriments et de leurs fibres. Basiquement, les glucides sont des molécules de sucre qui sont liées ensemble. Ce type de molécules pénètre facilement dans le système sanguin. Les sucres simples pénètrent dans la circulation sanguine rapidement mais les chaines de sucres, telles que celles contenues dans les produits à base de farine de blé, vous apportent une dose MASSIVE de sucre qui entre dans votre circulation sanguine encore plus rapidement que le sucre en poudre.

Lorsque ces chaines de glucides se décomposent dans votre système, il se produit un pic de glucose déclenchant une réaction de protection du corps qui libère alors de l’insuline pour éliminer aussi vite que possible, ces sucres de votre sang en les transformant en graisses. Si trop d’insuline est relâchée dans le but de contrer le taux de sucre sanguin élevé, alors vous pouvez vous sentir brutalement faible et avoir envie de manger plus de pain ou de glucides pour retrouver un peu d’énergie. Cela se transforme en cercle vicieux entrainant une résistance à l’insuline, moment où le corps arrête d’utiliser correctement l’insuline et où le glucose reste bloqué dans la circulation sanguine, entrainant éventuellement un diabète de type 2.

Satisfaire une envie de douceurs et de glucides, en réponse à ce cercle vicieux, signifie que votre sang contiendra toujours du sucre. Avoir de l’insuline constamment dans la circulation sanguine est une mauvaise nouvelle parce que cela entraine une résistance à l’insuline. Nos corps utilisent de préférence les sucres pour fabriquer de l’énergie lorsqu’ils en ont besoin, s’il y en a, et n’utiliseront la graisse que lorsqu’il n’y aura plus de sucre disponible. Lorsque nous avons une alimentation riche en glucides, notre corps commence à perdre sa capacité à brûler la graisse pour la transformer en énergie. Nous avons encore plus envie de sucre pour restaurer la réserve de sucre qui a été stockée sous forme de graisse et avec le temps, le corps « oublie » qu’il peut brûler la graisse pour fabriquer de l’énergie alors que nous continuons à prendre du poids.

Fait intéressant, nous obtenons le même résultat avec les céréales complètes « saines » du petit-déjeuner qu’avec des bonbons ! Regardez cette liste de l’Université de médecine de Harvard indiquant l’indice glycémique des 100 aliments les plus communément consommés et vous serez surpris de constater que certains aliments que vous pensiez sains, sont juste des bombes de sucre à retardement.

Motivations émotionnelles

En plus des effets physiques, il y a aussi un effet psychologique au fait de manger du pain. Le blé est difficile à digérer. Il nécessite beaucoup de sang qui est déplacé dans le système digestif. La perte de sang engourdit l’esprit et crée une sorte de « coma alimentaire ». Le pain est un aliment de confort, parce qu’il est associé avec une certaine sensation de bien-être malgré une forte absence de clarté mentale, que beaucoup de personnes choisissent d’expérimenter lorsqu’elles sont stressées, s’ennuient ou sont mécontentes.

Le sucre augmente également les niveaux de tryptophane du cerveau, provoquant un endormissement. Cet apport supplémentaire en tryptophane augmente les taux de sérotonine avec le temps, ce qui nous fait nous sentir rassasiés. En outre, la récompense immédiate à la consommation de glucides est une ruée de dopamine : le même neurotransmetteur qui se cache derrière les drogues dures comme la cocaïne et les amphétamines. Cette ruée peut entrainer des pensées non désirées et encore plus d’envies incontrôlables quand vous fonctionnez sur ce schéma sans faire de correction.

Les chercheurs de l’Institut National de Santé (États-Unis) ont découvert que la consommation de pain stimulait les récepteurs d’opiacés du cerveau, déclenchant une sensation d’euphorie. Plus nous en mangeons, plus nous voulons en manger. L’odeur, la texture et l’indice glycémique élevé du pain et des glucides en général font qu’il est difficile d’arrêter d’en manger une fois que vous avez commencé. De plus, 40% de la population expérimentera des symptômes de sevrage (comme ceux que l’on peut expérimenter lorsque l’on arrête de se droguer) lorsqu’ils arrêteront de consommer ces produits ce qui peut être indéniablement quelque chose d’inquiétant et susceptible d’abandon du projet.

Des chercheurs de l’Université de Bordeaux, ont rapporté en 2007, suite à une étude sur des rats, que lorsque ceux-ci avaient le choix entre un substitut de sucre et de la cocaïne par voie intraveineuse, 94% préféraient le substitut de sucre à 0 calorie. La conclusion fut que l’intense stimulation de ces récepteurs par une alimentation riche en sucres générait un signal similaire intense de récompense dans le cerveau ayant la capacité d’inhiber les mécanismes de contrôle de soi et donc menant à l’addiction. Cela est dû à la stimulation du centre de la dopamine, la même voie neuronale que la cocaïne et les amphétamines stimulent.

Contrairement aux drogues de la rue, ces glucides font plus que reprogrammer notre système neurologique. Ils court-circuitent les systèmes du corps en reprogrammant notre métabolisme, en emmagasinant l’énergie sous forme de graisse « imbrûlable » et en entrainant encore plus d’envies irrépressibles qui entretiennent le cycle des hauts et des bas.

Pas de besoin de dire que manger du pain est une solution seulement temporaire au problème et ne satisfait pas réellement les besoins profonds de la personne, que ce soit émotionnellement ou nutritionnellement et que les gens deviennent sujets à trop manger sans jamais vraiment trouver une vraie satisfaction dans leur nourriture

Et comme avec toute autre forme de drogue addictive, les effets positifs de la consommation de glucides diminuent avec le temps alors que l’addiction demeure. Alors nous devons manger de plus en plus de glucides pour ressentir les mêmes sensations de bien-être. En prenant du poids, nous avons de moins en moins de récompense et de plus en plus de problèmes métaboliques.

Après quarante ans d’alimentation « allégée » en graisse dans laquelle la consommation de céréales est prédominante, nous pouvons constater les effets secondaires de l’addiction des glucides sur les systèmes de défense naturels de notre corps, nous rendant malnutris et gros. Ils nous maintiennent sous leur coupe puissante, malgré le fait qu’ils nous emmènent vers une mauvaise santé physique et le rejet social.

Dans une 2ème partie, nous verrons quel est le vrai problème avec le pain et qu’il ne s’agit pas seulement du gluten.

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